La pièce où Kevin vient d’être installé n’est pas hospitalière, nul confort, nul détail un peu enveloppant ou revigorant, nulle image sur les murs, sinon la photographie du président de la république, matériaux et mobilier fonctionnels et anonymes, le gris domine, il y a dans tout cela de l’ennui organique, délibéré irréversible, l’assistante sociale qui…
A l'origine de ce texte, un fait divers particulièrement sordide survenu il y a une vingtaine d'années. Je n'en ai plus le souvenir précis (dates, lieux, circonstances, contexte...). Je me rappelle seulement m'être dit à l'époque qu'il était important de consigner ce qui devait l'être des agissements dont un enfant avait pu être l'objet de la part d'adultes à l'intérieur d'une cellule familiale élargie.
Des années ont passé sans que je revienne sur ce texte. Il faisait/ferait partie naturellement de mes « Scènes de chasse » : il s'agissait d'une chasse à l'enfant.
Et puis, à la faveur d'un projet de publication de quelques-unes de ces « Scènes de chasse» , projet resté sans suite, je l'ai retrouvé, ce texte, là où je l'avais laissé, sinon abandonné. Le remettant en travail, je l'ai remis en mouvement, principalement en le (re)mâchant à voix haute. Cela m'a pris du temps, beaucoup de temps, avant que je comprenne qu'il lui manquait quelque chose de fondamental et que ce quelque chose s'appelait une adresse, une adresse par-dessus le temps : à qui s'adressaient à la fois le témoignage de l'enfant et la plainte de la victime. Et c'est ainsi que s'est imposée une dramaturgie-miniature (didascalies en caractères gras). Suite à quoi, le titre, « La déposition » , s'est en quelque sorte choisi lui-même.
J'aime à penser que certains « textes-orphelins » errent des années durant dans une nuit digitale aussi longtemps que ne leur a pas été rendue une inscription dans un espace-temps à peu près viable.
Des années ont passé sans que je revienne sur ce texte. Il faisait/ferait partie naturellement de mes « Scènes de chasse » : il s'agissait d'une chasse à l'enfant.
Et puis, à la faveur d'un projet de publication de quelques-unes de ces « Scènes de chasse» , projet resté sans suite, je l'ai retrouvé, ce texte, là où je l'avais laissé, sinon abandonné. Le remettant en travail, je l'ai remis en mouvement, principalement en le (re)mâchant à voix haute. Cela m'a pris du temps, beaucoup de temps, avant que je comprenne qu'il lui manquait quelque chose de fondamental et que ce quelque chose s'appelait une adresse, une adresse par-dessus le temps : à qui s'adressaient à la fois le témoignage de l'enfant et la plainte de la victime. Et c'est ainsi que s'est imposée une dramaturgie-miniature (didascalies en caractères gras). Suite à quoi, le titre, « La déposition » , s'est en quelque sorte choisi lui-même.
J'aime à penser que certains « textes-orphelins » errent des années durant dans une nuit digitale aussi longtemps que ne leur a pas été rendue une inscription dans un espace-temps à peu près viable.
